Émilie cayssials

la relève au pas … de course

Le Docteur Émilie Cayssials, praticienne attachée au CHU de Poitiers, a choisi l’hématologie
« parce que c’est une spécialité qui bouge beaucoup, proche de l’humain et avec une thérapeutique en pleine évolution ». La médecine, c’est une passion déclarée « en Terminale, à travers un reportage télé sur le cancer du sein » se souvient-elle. « Dans un premier temps, je voulais être psychiatre mais tout s’est construit petit à petit et après avoir hésité entre l’oncologie et l’hématologie, j’ai trouvé ma voie ». Un chemin mené tambour battant car elle débute son internat à tout juste 25 ans tout en suivant un Master II d’immunotechnologies et biothérapies et un DU d’antibiologie. Elle soutient sa thèse de médecine et son DES d’hématologie en 2015 mais le Master d’immunologie lui a donné le goût de la recherche. Elle entame donc, sous la direction du Docteur André Herbelin et du Professeur Jean-Marc Gombert, une thèse de science à l’École Doctorale Biosanté de Poitiers, qu’elle soutiendra en 2020. À la fin de l’internat, elle décide de se focaliser plus particulièrement sur la leucémie myéloïde chronique (LMC), sur les conseils de son chef de service, le Professeur François Guilhot.
La leucémie myéloïde chronique (LMC) est un cancer qui prend naissance dans les cellules souches de la moelle osseuse. Elle résulte d’une anomalie génétique spécifique de ces cellules médullaires. « Cette anomalie génétique spécifique est un réarrangement anormal du matériel génétique au cours duquel deux chromosomes échangent accidentellement une partie de leurs gènes de manière réciproque. C’est ce qu’on appelle une translocation. Des gènes du chromosome 9 sont échangés avec des gènes du chromosome 22 » explique avec pédagogie Émilie Cayssials, enfilant du coup sa casquette d’enseignante à la faculté de médecine de Poitiers.
Cette pathologie occupe donc tout son quotidien : consultation avec les patients, suivi des essais cliniques et recherche fondamentale. « Je suis mes patients sur le plan clinique et certains participent aux essais cliniques ou aux projets de recherche translationnelle » poursuit-elle. Il s’agit d’essais

de phase II et III menés au Pôle Régional de Cancérologie ou de phase I et II au Centre d’Investigation Clinique Inserm 1402. Sa recherche fondamentale menée au sein de de l’unité Inserm 1082 porte sur les lymphocytes T non conventionnels (iNKT, cellules T CD8+ Eomes + KIR+).

Des journées bien remplies pour cette jeune praticienne qui, une fois rentrée chez elle, doit souvent encore étudier les bilans biologiques de ses patients reçus par fax afin d’adapter leur traitement. Mais elle se réserve toutefois pour ses quelques passions comme la pratique de la danse classique qui la suit depuis ses 5 ans et son rôle de maman pour « profiter de mon fils de deux ans car je n’ai pas le temps de faire autre chose en ce moment »…